Alexandre Prieur, visite d’atelier


Alexandre Prieur, né en 1986, est fresquiste de formation. Depuis plusieurs années, il se consacre à la peinture, depuis longtemps son mode d’expression privilégié.

Parmi les peintres qui l’ont inspiré, figurent de grands maîtres du réalisme du dix-neuvième siècle : John William Waterhouse, Alma Tadema, John Singer Sargent.

Son art est résolument figuratif. Il cherche à reproduire ou déformer le réel, dans une invitation à l’interrogation intérieure. À travers sa représentation du monde et du quotidien, il nous indique un chemin à suivre par des récits à l’atmosphère étrange, symbolique et spirituelle, toujours intemporelle.

Il réussit à traduire par ses créations et son imagination, un rêve où son monde de sensibilité dévoile sa quête personnelle et son inconscient. Le jeu des ombres et des lumières, la touche précise et volontaire du pinceau impose une vision, un univers qui peut surgir et disparaître selon les mouvements de l’âme de celui qui le contemple.

Au cours du vingtième siècle, le réalisme a souvent été mal interprété et beaucoup y ont vu un art virtuose d’imitation, que la photographie aurait rendu inutile. Or, la photographie elle-même doit être travaillée sans quoi elle ne peut produire qu’une image plate, issue d’un modèle mécanique et rigide continué dans sa capacité de reproduction industrielle à l’infini.

Avec la sensibilité de son regard, l’artiste peintre lui, peut l’espace d’une œuvre unique, dévoiler le réel et sublimer des nuances que l’œil de l’objectif ne peut voir.

La géanteJ’ai eu la chance de rencontrer l’artiste dans son atelier. Il y avait quelque chose de magique à le voir  commencer un portrait d’une manière vague qui fait perdre au regard ses repères habituels. Mais, par application de couches successives de couleurs, une forme se dégage peu à peu avec une évidence, une nécessité étonnante. D’autres espaces sont laissés à eux-mêmes, flous, mal définis, sorte de chaos menaçant tenu à distance. Mais ce n’est pas tant la maîtrise technique qui m’aura le plus impressionné, que de voir progressivement l’ensemble faire corps dans une composition poétique, dynamique, originale, et surtout intrigante.

La peinture d’Alexandre Prieur est jeune et classique à la fois, toujours à la recherche d’un dire qui soit vraiment nouveau. Toujours ouverte et recommencée, elle ne cesse de dégager de l’énergie du vivant.

Yves-Marie Lequin